Carte

Le menu engineering appliqué à sa carte de restaurant

· mis à jour le · 6 min de lecture

Derrière son nom un peu pompeux, le menu engineering est une méthode simple. On regarde chaque plat sous deux angles, ce qu'il rapporte et combien il se vend, et on ajuste la carte en fonction. Il ne faut ni logiciel ni consultant, juste vos ventes d'un mois et vos coûts matière.

Deux chiffres par plat

On compare les plats d'une même catégorie entre eux, les entrées avec les entrées, jamais une entrée avec un dessert. Pour chacun, relevez :

  • la marge brute, c'est-à-dire le prix de vente hors taxes moins le coût matière, en euros et non en pourcentage ;
  • la popularité, soit le nombre de ventes sur la période rapporté au total de la catégorie.

Retenez la marge en euros plutôt que le ratio. Un plat à 30 % de coût matière vendu 12 € laisse moins d'argent qu'un plat à 38 % vendu 26 €. Le calcul est détaillé dans calculer le coût matière d'un plat.

Quatre familles de plats

En plaçant chaque plat par rapport à la moyenne de sa catégorie, on tombe sur quatre cas.

  • Populaire et rentable. On le protège. On ne touche pas à la recette, on le met en vue, on le photographie en premier.
  • Populaire mais peu rentable. Tout le monde le prend et il rapporte peu. On revoit la portion, la garniture ou le prix, par petites touches.
  • Rentable mais peu commandé. Souvent un plat mal nommé, mal décrit ou mal placé, et c'est sur lui que le travail de carte paie le plus.
  • Ni l'un ni l'autre. On le retire, sauf raison précise, comme le plat enfant ou la seule option végétarienne.

Combien de plats par catégorie

Une carte longue rassure le restaurateur et fatigue le client. Elle alourdit aussi la mise en place, le stock et les pertes. Il n'existe pas de bon nombre universel. La vraie question est de savoir si chaque plat a une raison d'être que les autres n'ont pas, parce que deux plats qui se ressemblent se partagent les mêmes commandes et doublent les achats. Retirer un plat de la dernière famille laisse de la place pour mettre en valeur ceux de la troisième.

L'ordre sur la carte

  • Dans une catégorie, on lit davantage les premières et les dernières lignes. Mettez-y les plats que vous voulez vendre, qui ne sont pas forcément les moins chers.
  • Évitez de classer par prix croissant, ça pousse à lire la colonne des prix au lieu des plats.
  • Un plat rentable et peu commandé mérite une vraie description et une photo.
  • Sur une carte en photos, la photo fait la mise en avant. Un plat sans image au milieu de plats illustrés, personne ne le remarque.

Mesurer, puis recommencer

Changez une chose à la fois et attendez deux à quatre semaines avant de juger. Une carte digitale vous donne ici une information que le papier ne donne pas, les plats que les clients ouvrent sans les commander. Quand un plat est très regardé et peu vendu, le problème vient souvent du prix ou de la description, plus rarement de sa visibilité.

L'espace Statistiques de Plate montre les plats les plus consultés. Et si vous utilisez le stock, les recettes affichent le coût matière de chaque plat à côté de son prix.

Questions fréquentes

À quelle fréquence refaire l'analyse ?
À chaque changement de carte, et au moins deux fois par an. Les prix d'achat bougent, et un plat rentable au printemps peut ne plus l'être à l'automne.
Faut-il retirer tous les plats peu rentables ?
Non. Un plat populaire qui rapporte peu fait venir des clients qui commandent autre chose à côté. On commence par ajuster sa portion ou son prix, et on ne retire que les plats qui ne se vendent pas et ne rapportent pas.

Pour aller plus loin : Le coût matière de chaque plat, dans Plate · Calculer le coût matière d'un plat · Écrire la description d'un plat

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